
Extrait du dossier de presse
Ce texte présente la démarche et la philosophie de l’artiste :
Né à Dakar en 1968 d’une mère vietnamienne et d’un père russe, Yann Masseyeff a toujours vécu dans la diversité. Cette pluralité culturelle se retrouve dans ses œuvres : des sculptures en grès, puissantes et instinctives, qui interrogent la place de l’individu dans la société.
Installé aujourd’hui dans son atelier de Saint-Amadou, dans le sud-ouest de la France, il façonne la matière à la main ou à l’aide d’un simple bâton de bois :
« Une forme en amène une autre, jusqu’à ce que la sculpture me dise : c’est bon, n’en rajoute pas. »
DÉMARCHE
Après un premier parcours nourri de rencontres avec le monde de l’art et du dessin, Yann Masseyeff s’est tourné vers la terre pour en explorer la dimension spirituelle et universelle.
Modeler la terre, pour lui, n’est pas un geste technique mais un acte vital. Il travaille la matière brute comme on dialogue avec soi-même : sans dessin préalable, sans intention de contrôle. Chaque œuvre naît d’un mouvement premier, d’une pulsation intérieure. Le geste précède la pensée.
Cette approche intuitive, presque méditative, reconnecte l’artiste à une mémoire universelle. Les formes qui émergent semblent venir d’un ailleurs archaïque, d’un langage commun à l’humanité, inscrit depuis des millénaires dans les gestes.
Ses diptyques Noir et Blanc condensent cette réflexion. Chaque sculpture y affirme son identité, sa force, son individualité. Vue seule, elle existe pleinement. Vue au milieu des autres, elle s’efface dans la masse — et c’est alors l’énergie du nombre qui surgit. Les ombres, les reflets et les contrastes s’entrelacent comme les destins humains, oscillant entre lumière et obscurité.
Le noir fait ressortir le blanc, et inversement : la différence attire le regard, questionne la hiérarchie des valeurs. La pièce isolée devient tour à tour élite ou exclue, révélant la fragilité des équilibres sociaux.
En s’approchant, on perçoit l’individualité ; en s’éloignant, l’harmonie. Entre les deux, un vide. Ce vide n’est pas absence mais respiration, silence, promesse. Il symbolise l’inconnu, le futur, la place encore à prendre.
Chaque diptyque porte le même titre, Noir et Blanc, mais dans une langue différente — comme un signe d’universalité.
La terre, matière d’origine et de création, relie tout : le contact direct entre la main et la matière, sans outil, sans filtre, rétablit un lien essentiel avec ce qui nous fonde.
« Mes sculptures ne cherchent pas à représenter le monde, elles le contiennent. Elles parlent de nous, de notre manière de nous percevoir, de ce que nous pourrions devenir. »











